Qu'est-ce que la neutralité carbone ? Une entreprise peut-elle l'atteindre ?
Ces questions sont parfois polémiques. Nous partageons avec vous notre position argumentée sur la mise en oeuvre d'une démarche carbone sincère et fiable.

La neutralité carbone selon la science

Définition

Scientifiquement, la neutralité carbone est définie par l'équilibre entre les émissions des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère issues des activités humaines et leur absorption par les écosystèmes, sur un territoire défini. Les océans et les forêts sont les principaux écosystèmes pour la séquestration du CO2, principal gaz responsable du réchauffement climatique.

Neutralité et territoire

D'un point de vue scientifique, la neutralité peut donc être atteinte pour un territoire donné. A contrario, s'agissant d'un équilibre physique impliquant des écosystèmes, la neutralité ne peut pas être revendiquée en comptabilisant les capacités d'absorption à l'extérieur du territoire où ont eu lieu les émissions.

Il n'est donc pas efficace et ni sincère pour une entreprise d'augmenter les capacités d'absorption d'un territoire éloigné de sa zone d'activité au titre de sa contribution à la neutralité planétaire.

Les limites d'absorption planétaire

Depuis Galilée, nous savons que notre planète est ronde et qu'elle a des limites. Une conséquence importante des limites planétaires est la capacité d'absorption limitée du CO2 que nous émettons. Pour atteindre la neutralité carbone, il est donc nécessaire d'agir pour augmenter les "puits" de carbone en :

  1. Préservant les écosystèmes existants
  2. Augmentant les capacités de séquestration de ces écosystèmes

La durée de vie des GES dans l'atmosphère

Tout serait assez simple si les GES que nous émettons dans l'atmosphère n'y restaient pas pendant plusieurs dizaines d'années avant de pouvoir être absorbés par les écosystèmes. Cette durée est variable selon le gaz et l'intensité de son émission. Pour le CO2, on retient en général une durée de 100 ans.

Pour atteindre la neutralité carbone rapidement, l'action la plus efficace est donc de réduire nos émissions. Contribuer à hauteur de nos émissions résiduelles, à des projets permettant d'augmenter la séquestration de carbone est une étape complémentaire de cet effort de réduction.

La neutralité carbone selon la Loi française

L'Accord de Paris énonce que la neutralité carbone planétaire sera atteinte lorsque chaque pays aura atteint cet équilibre. Autrement dit, chaque pays doit viser la neutralité carbone en prenant en compte ses émissions et les capacités d'absorption propres à son territoire.

La retranscription de cet accord dans la Loi énergie-climat de novembre 2019 respecte les principes scientifiques présentés précédemment et exclut la prise en compte les crédits carbone internationaux dans la comptabilisation de la neutralité carbone de la France.

La neutralité carbone des entreprises

Agir localement et éviter le "greenwashing"

Si vous nous avez lu jusque là, vous aurez compris qu'une entreprise ne peut pas être neutre (scientifiquement). En revanche, elle peut contribuer à la neutralité du territoire pertinent pour son activité : un département, une région, la France ou plusieurs pays.

Une entreprise qui choisirait de contribuer à un "projet carbone" dans un territoire éloigné de celui où elle émet des GES, sans par ailleurs faire l'effort de réduire ces émissions, crée ce que l'on appelle une "fuite de carbone". C'est à dire qu'elle augmente la capacité d'absorption à un endroit, tout en continuant d'émettre à un autre. Cette approche est souvent dénoncée comme du "greenwashing", ou quand il s'agit de planter des arbres, du "treewashing".

Agir globalement par solidarité climatique

Si les capacités d'absorption sont locales, les GES ont un impact planétaire. En tant qu'émetteur de GES, il est donc pertinent d'agir pour aider les populations fragilisées par les effets du dérèglement climatique. Chez Maforêt, nous considérons que la contribution à ces projets internationaux devrait avant tout être motivée par la recherche d'un impact social maximal au titre de la solidarité climatique. En effet, la mesure de la quantité de carbone séquestré par un projet international soutenant les populations touchées par le changement climatique n'est pas le bon indicateur pour mesurer son impact social.

En résumé

Une entreprise peut contribuer à la neutralité planétaire en définissant un objectif de réduction de ses émissions aligné sur l’objectif de l’Accord de Paris. Pour optimiser son impact et faire face à l'urgence climatique, elle devrait considérer simultanément les actions suivantes :
  1. réduire ses émissions de GES
  2. contribuer à préserver et améliorer les écosystèmes de son territoire
  3. améliorer les conditions de vie des populations touchées par le dérèglement climatique

Notre mission est d'accompagner les entreprises pour contribuer aux écosystèmes forestiers français dans le cadre de la mise en oeuvre de leur RSE.

Pour aller plus loin

La neutralité carbone

Réduire, éviter (le greenwashing aussi), contribuer, un guide pour comprendre le concept de neutralité carbone

La certification française des projets carbone

Système de certification de projets contribuant à la stratégie nationale bas carbone de la France

Loi énergie-climat du 8 novembre 2019

Retranscription de l'Accord de Paris dans la Loi française

Net Zero Initiative

Un “think tank” d’entreprises souhaitant mener leur action climatique de manière sincère, ambitieuse et transparente en vue de l’atteinte du zéro émission nette mondial